Toujours sur le métier…

C’était un bon départ, ce 6 octobre, avec les amis et la famille venus de près et de loin. Juste assez d’émotion, et d’angoisse, mais pas au point de barbouiller la mise en mer du sexa.

Un golfe de Gascogne digne de sa réputation. Un front passé comme à l’école de navigation. Le vent tourne à l’heure dite, et Solaire vire dans la nuit vers la sortie de ce golfe maudit. Le plus dur se passe. Pas de casse, tout va bien.

La bascule lève la mer qui me bouscule, me fauche, me balaye, me projette sur le dos, sur les fesses. Douleur immédiate par derrière et par devant. Retour à la base rapide et prudent. Ce bateau file tout seul au portant. Le canot du port d’Hendaye nous aide à amarrer Solaire 34.

C’est trop con. Tout ce travail de préparation, cette énergie dépensée, ces amis sollicités, pour être obligé de revenir à cause de ce corps fragilisé. Après deux jours de repos et d’étirements, le mal s’est endormi. Je regarde à nouveau par la fenêtre météo.

Deuxième départ cinq jours plus tard. Temps instable donc beaucoup de manoeuvres, jour et nuit. De zéro à huit noeuds au GPS Solaire. Après trois jours d’océan, mon dos est à nouveau en vrac et je suis haché de fatigue. Je sens m’envahir le danger d’orgueil.

Deuxième retour, presqu’aussi rapide que le premier. Faire le point, digérer, re-analyser, reconsulter,  rereconstruire, toujours sur le métier…

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